A partir d'études de très bon niveau et conformes à
la réglementation en vigueur, le travail entrepris pour améliorer
l'accessibilité de T3 peut être considéré
comme un exemple de concertation.
En effet, un groupe de travail a permis de rendre T3
encore plus adapté aux besoins des clients à mobilité
réduite et a contribué à accroître le confort
de tous. Il préfigure ainsi un mode de concertation et de conception
pour les futures réalisations en Ile-de-France. La prise en compte
de l'accessibilité, le plus en amont possible des projets, permet,
bien souvent, une réduction des coûts et une optimisation
du temps consacré aux études.
L'accessibilité de T3 a
été prise en compte dès la conception et sur ses
différents aspects. La taille de la lacune a été,
notamment, étudiée sur la base de recommandations émises
par le COLIAC (Comité de liaison sur l'accessibilité du
cadre bâti et des transports) datant de 1998. Cet organisme préconisait
des tailles de lacunes qui ont été totalement respectées
dans les études préliminaires du projet (20 mm de lacune
verticale sur 75 mm de lacune horizontale).
L'amélioration de l'accessibilité
d'autres tramways et les remarques faites par les Utilisateurs de Fauteuils
Roulants (UFR) ont souligné la difficulté que pouvait représenter
la lacune horizontale telle qu'elle se présentait sur T3 au début
de l'année 2005. La RATP a donc décidé d'améliorer
ce point en considérant que les recommandations de 1998 n'étaient
pas suffisantes.
Un groupe de travail a été
constitué suite aux sollicitations de la Mairie de Paris et de
l'Association des Paralysés de France (APF) pour trouver ensemble
une solution afin de réviser la taille de la lacune. L'information
voyageur a également bénéficié d'améliorations,
proposées par l'APF, au service de tous.
Les trottoirs ont été élargis
au profit des piétons et Personnes à Mobilité Réduite
(PMR). L'implantation de "Bandes de Services" (espace réunissant
le mobilier urbain, les systèmes d'éclairage, les pistes
cyclables, les bancs, …) entre les trottoirs et la chaussée
permet de dégager de l'espace pour une circulation aisée
des piétons.
Les potelets de protection des trottoirs sont principalement implantés
au droit des traversées piétonnes et des accès aux
parkings. Ces potelets ont une hauteur d’1,20m.
Les pistes vélos sont intégrées aux "Bandes
de Services" et séparées du reste des cheminements
piétons. Un ressaut de 2 cm avec des bords arrondis permet à
la piste cyclable d'être repérée par les personnes
malvoyantes.
Les abaissements des bordures
des trottoirs sont principalement situés au droit des traversées
piétonnes et des accès aux parkings. Ces abaissements ont
un ressaut de 2 cm avec des bords arrondis.
Les profils en long des trottoirs ont en
général des pentes de nivellement inférieures à
4%, les dévers des trottoirs étant compris entre 0,5% et
2%.
Quand il est nécessaire de créer
une marche pour rattraper le nivellement du trottoir, il est toujours
prévu un autre cheminement pour les PMR qui est situé en
général le long des façades.
L'aménagement
des traversées piétonnes
Toutes les traversées piétonnes (traversées des chaussées,
des pistes vélos et de la plate-forme tramway) sont équipées
de bandes d’éveil de vigilance podo-tactiles.
De même, l'ensemble des trémies d’entrées et
de sorties du Métro est équipé de bandes d’éveil
de vigilance podo-tactiles.
Les refuges centraux pour les piétons pour permettre l’accès
aux stations du tramway ont une largeur équivalente à celle
des quais des stations (4m de large en moyenne). Pour des raisons techniques,
certains refuges piétons centraux sont réduits. Lorsqu'ils
sont inférieurs à 2,30m de large, ils sont traités
avec des bandes d’éveil de vigilance podo-tactiles.
Un accès facile aux quais et des équipements utilisables
par tous
Des pentes de 5% maximum permettent d'accéder aux quais. Une plaque
de nomenclature guide les voyageurs vers la bonne direction. La hauteur
de ses caractères et sa disposition permettent une lecture aisée
par tous. Les personnes en difficulté motrice peuvent s'appuyer
sur une barrière d'1 mètre de haut située le long
du quai, côté voirie.
Pour alerter les personnes déficientes visuelles, des bandes podo-tactiles
sont disposées le long des quais. Le nez du quai est contrasté
pour en augmenter sa perception. Les cheminements sont larges : 3 m minimum
et jusqu'à 6 m pour un quai central. Le quai est libre de tout
obstacle (aussi bien en hauteur qu'au sol) et sans élément
perpendiculaire au flux. Des assises sont implantées sous forme
d'assis-debout et de sièges individuels.
Une information
visuelle dynamique donne le temps d'attente et la destination des rames.
Les parois vitrées de fond de quai sont signalées par une
bande de vigilance qui mêle accessibilité et sens artistique.
Les appareils distributeurs de billets sont accessibles et déjà
utilisés par les UFR, notamment sur le RER.
Les interphones d'appel voyageurs sont disposés à une hauteur
adaptée (1,20 m).
L'optimisation
de l'information voyageur
Les remarques formulées par l'APF sur la lisibilité des
plans présents sur les quais de T3 ont été prises
en compte. Elle présente les caractéristiques suivantes
:
- un alignement des plans ;
- un regroupement des informations et les mêmes supports pour tous
;
- une très bonne lisibilité pour l'ensemble des clients
(en fauteuil roulant notamment) ;
- une amélioration de l'information par la création d'un
plan de ligne géographique.
Deux remarques complémentaires ont été intégrées
au projet :
- les légendes seront en bas et les plans schématiques seront
remontés ;
- la légende du plan de ligne géographique sera intégrée
au dessus de ce dernier (à côté de la tarification
et des horaires).
La qualité de l'information voyageur
a donc été améliorée grâce au travail
entrepris avec l'APF et ce au profit de tous sans créer un emplacement
ou un plan spécifique pour les UFR.
Une diminution maximale de la taille de la lacune horizontale*
Le franchissement de la lacune horizontale peut représenter un
inconvénient majeur voire un danger pour accéder aux rames
depuis les quais pour les Personnes à Mobilité Réduite.
Afin de réduire au maximum la taille de la lacune, la RATP a pris
l'option de créer un groupe de concertation constitué de
représentants de la Mairie de Paris, de l'Association des Paralysés
de France (APF) du Syndicat des Transports d'île de France (STIF)
et de la Région d'île de France pour trouver ensemble une
solution.
Les conclusions de ce groupe
de travail ont permis de valider le choix de la RATP consistant à
combiner un système novateur avec des principes d'amélioration
déjà adoptés. En accord avec ce dernier principe,
une bande fusible fixée mécaniquement le long du bord du
quai, permet de réduire au maximum la taille de la lacune horizontale
avec efficacité.
De plus, consistant, le constructeur, a été mis en charge
d'équiper les rames du T3 d'un seuil rétractable, système
particulièrement performant en terme de réduction de lacune.
Ce dispositif est toujours présent et ne se rétracte que
si la rame vient toucher le quai.
Avec ces deux dispositifs, la lacune
verticale est de 20 mm maximum. La lacune horizontale, avec un véhicule
droit centré sur la voie, est de 25 mm en moyenne. En situation
dégradée, c'est-à-dire lorsque le seuil est rétracté
et lorsque le véhicule est en alignement droit centré sur
la voie, un seuil de porte, fixé sous le seuil rétractable
permet de ne pas dépasser 36 mm de lacune.
L'accès aux rames du T3 est donc particulièrement aisé
et sécure pour tous.
* lacune : espace entre le quai et
le train
Tramway T3
Mis en service à la mi-décembre
entre le Pont du Garigliano et la porte d'Ivry, découvrez
le tramway T3